26/02/2007

Ordre et méthode

Ma petite soeur Coralie est un as. Ce week-end là, elle revenait - comme tous les week-ends - à la maison. Elle fait son sac, elle prend le train, et elle arrive. Mais pas ce premier décembre, non. Ce premier décembre, elle est trop chargée, et elle ne peut plus porter son sac. De son téléphone portable, elle sonne chez nous: "Je ne peux plus faire un mètre. Je suis à la gare de Jette". Message subliminal pourtant limpide: "Venez me chercher - vous n'allez quand-même pas laisser votre adorable fille, la chair de votre chair, mourir de froid et de faim, à 3 kilomètres de chez elle ???".

A l'écoute de cette déchirante complainte, j'avertis donc ma maman que je pars chercher ma soeur à la gare. En deux temps trois mouvements, me voilà prête, veste sur le dos et écharpe autour du cou. Je m'empresse pour ne pas faire attendre ma soeur, que j'imagine déjà la colonne vertébrale moulue sous 40 kilos de vêtements sales.

Arrivée a la gare, pas de Coralie. Dans le hall de gare, pas de Coralie. Aux guichets, pas de Coralie. Sur les voies, sur le parking, aux toilettes, pas de Coralie. Comme une idiote (que je suis), je n'ai évidemment pas mon téléphone sur moi. Retour vers la maison, j'ai déjà moins froid. Enguelade. "Ou est ta soeur ? Tu n'as pas été foutue de la retrouver? Mais c'est pas vrai? Qu'ai-je engendré?"... ma mère est de mauvais poil. Elle oublie presque de me dire que Coralie a téléphoné. Elle m'attend bien devant la gare. De l'autre côté de la place...

Tout est bien qui finit bien. Je retrouve ma soeur, qui apparemment ne porte pas son sac avec tant de mal. Logique, il est moins lourd que précédemment: on lui a volé son portefeuille. Elle voulait qu'on vienne la chercher car elle était "un peu dégoutée".

 

photo: la gare de Jette

23:50 Écrit par Val dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gare, jette, soeur |  Facebook |

02/02/2007

Quand on mange on mange...


Le 19 Novembre 2006, j'ai pensé à mon parrain, Charles, qui nous a quitté il y avait alors 11 ans de ça. Il y a 11 ans, j'avais 11 ans, et aujourd'hui, mon âge est doublé. J'espère que mon parrain est au moins quelque part, même s'il ne voit pas ce que je deviens.
Je ne sais pas si j'aimerais qu'il sache ce que je suis à présent. Quand je rate un examen, ou que je fais quelque chose de mal, je me dis qu'il ne doit pas étre très fier de moi.

Mon parrain accordait beaucoup d'importance à nos résultats à l'école, nos progrès en orthographe, en sciences. Quand j'étais petite, il nous faisait répéter nos tables de multiplication à l'aide de ces inoubliables réglettes de couleur en bois. Ma soeur et moi n'en avions rien à faire, des tables de multiplication: on faisait des tours et des maisons avec les réglettes au lieu de calculer avec, et ça énervait mon parrain. Il ne supportait pas qu'on manque ainsi de sérieux et qu'on fasse le singe au lieu de s'appliquer. Il ne supportait pas non plus qu'on rie à table, au lieu de manger. Il disait toujours "quand on joue on joue, quand on mange on mange, quand on dort on dort".

Il avait tout à fait raison. Mais on ne l'écoutait souvent pas très bien.

Des années plus tard, j'ai réalisé que faire deux choses à la fois revenait souvent à ne rien faire du tout, et je me suis souvenue de ce que disait mon parrain. Essayez, essayez de travailler votre chimie ou votre histoire, ou d'éplucher les pommes de terre, en tchattant sur msn... et vous verrez que mon parrain avait raison.


PS - ce dessin n'est pas de moi.